La Base de Plein Air Jean-Jeune est née des voyages de pêche que Mgr Forget, évêque du diocèse de Saint-Jean, faisait avec son ami, l’abbé Lapointe! Ce dernier venait depuis longtemps avec sa famille passer ses vacances sur les bords du lac Cameron. De temps en temps, les deux hommes se rendaient sur un lac voisin appartenant à un fermier du village de Vendée, M. Côté. C’est sur ce lac entouré d’une jeune forêt de trembles et de bouleaux que Mgr Forget fit le rêve d’y amener la jeunesse de son diocèse, enfants d’ouvriers connaissant davantage la fumée et le bruit des usines que le son du vent dans les feuilles et le chant des oiseaux.

Il acheta donc de M. Côté tout le tour du lac, qui était de toute façon incultivable en raison du relief escarpé. Dans les premières années, ce furent surtout les scouts qui purent profiter de ce merveilleux site. Il n’y avait aucun bâtiment, que des tentes pour abriter tout ce beau monde. Mais les souvenirs commencent déjà à être impérissables. Nous sommes au milieu des années 40. On met près de huit heures de Saint-Jean pour arriver au camp. La route est asphaltée jusqu’à Saint-Jovite seulement. Attention! On ne parle pas encore de l’autoroute des Laurentides…

Au cours des années qui suivirent, on construisit d’abord feu l’Ancêtre, aujourd’hui disparu. Suivent la chapelle, qui est devenue le Refuge, puis l’Accueil, l’Escale, l’Auberge. Le dernier-né, le Relais, fut construit pour remplacer l’Ancêtre. Un hiver, un bulldozer pousse le sable, qui formait une falaise, sur le lac gelé afin de créer la plage. À la fonte des glaces, le tout coule au fond. Il n’
était pas encore question de problèmes d’érosion en ce temps là.

Pendant des années, c’est toujours le diocèse de Saint-Jean qui gère et administre le camp. Puis quelque part au début des années 60, les services sociaux de la même région prennent la relève. Le tout continue toutefois d’appartenir au diocèse.

Au milieu des années 60, on vit un court intermède: le camp n’opère pas pour une ou deux saisons et ce, jusqu’à ce que le Conseil Régional des Loisirs reprenne le dossier. Finalement, en 1976, la corporation s’assume, se gère de façon autonome et rachète les terrains et bâtiments. Le camp Jean-Jeune est mort, vive la Base de Plein Air Jean-Jeune!

En 1978, une faune bizarre commence à travailler chez nous: exit les Christiane, Louise, Daniel, Claude… Bienvenue aux Hirondelle, Étincelle, Girelle et autres bibittes de tout acabit! Vive les Noms Natures !!!

Début de la décennie 80, l’approche holistique vient façonner notre vision de l’animation: jeux coopératifs, choix d’activités par les jeunes, approche plus centrée sur les besoins affectifs du jeune, idéologie écologique, etc… Tout au long de notre histoire, une chose reste vraie: Jean-Jeune est vivant!